Sommaire de l’article

À retenir

  • Les pleurs augmentent dès la 2e semaine, culminent vers 6 à 8 semaines, puis diminuent vers 3 ou 4 mois.
  • Consoler un bébé ne le rend pas capricieux : il apprend qu’on répond à ses besoins.
  • Un cri faible, très aigu ou continu, inhabituel chez lui, impose d’appeler le 141.
  • À bout de forces : bébé sur le dos dans son lit, porte fermée, et un relais.
  • Secouer un bébé peut le tuer ou laisser des séquelles graves : jamais.

Il a mangé, il est changé, il n’a pas de fièvre, et pourtant il pleure. Encore. Quand bébé pleure sans qu’on comprenne pourquoi, les minutes paraissent des heures, et l’entourage a toujours une explication : il a faim, il a froid, il a pris de mauvaises habitudes.

Les pleurs sont pourtant son principal moyen de communiquer, rappelle l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Voici ce qui est normal, ce qui apaise, ce qui doit alerter, et comment vous protéger tous les deux quand la fatigue l’emporte.

Combien de pleurs, c’est normal ?

Selon Naître et grandir, un nourrisson pleure en moyenne deux heures par jour ; l’Assurance maladie parle de 2 à 3 heures chez un bébé en bonne santé. Le NHS britannique, l’INSPQ et Naître et grandir décrivent la même courbe :

Âge Ce qui se passe
Vers 2 semaines Les pleurs augmentent
Vers 6 à 8 semaines Ils atteignent leur sommet
Vers 3 à 4 mois Ils diminuent nettement

Une crise dure souvent autour de 45 minutes, parfois jusqu’à 2 heures. Et c’est en fin d’après-midi et le soir que bébé est le plus difficile à consoler, note le NHS.

Quand ces crises intenses se répètent chez un bébé en bonne santé, on parle de coliques : notre article sur les coliques de bébé leur est consacré.

Pourquoi bébé pleure-t-il ? La check-list

Faites d’abord le tour des besoins simples, ceux que citent le NHS et Naître et grandir :

Cause possible Ce qui peut vous mettre sur la piste Ce qui aide
La faim Le dernier repas remonte à un moment, ou il traverse un pic de croissance Le sein ou le biberon, même si le dernier repas date de 2 heures
La fatigue Journée chargée, réveil entre deux cycles de sommeil Calme, lumière douce, bercement
L’inconfort Couche sale ou mouillée, trop chaud ou trop froid, nez bouché Changer, ajuster ses vêtements, laver le nez
L’air avalé Pleurs pendant ou juste après le repas Une pause et un rot
Le besoin de contact Il se calme dès qu’on le prend Les bras, le peau à peau, le portage
Trop de stimulations Visites, bruit, passage de bras en bras Une pièce calme et peu éclairée
La douleur ou la maladie Un cri inhabituel, plus perçant ; fièvre, mal d’oreille Prendre sa température, consulter si besoin

Un nez encombré gêne beaucoup un nourrisson pour téter : notre article sur le lavage de nez montre comment le dégager. Plus tard, les poussées dentaires s’en mêlent.

Le consoler, est-ce le gâter ?

Non. Naître et grandir est formel : un bébé ne pleure jamais pour manipuler, et le consoler chaque fois qu’il pleure ne risque pas de le gâter. L’INSPQ ajoute qu’il apprend ainsi qu’on fait attention à ses besoins, et Santé.fr confirme que répondre à ses pleurs n’en fait pas un enfant gâté. Répondre vite et calmement l’aide à se sentir aimé et en sécurité, et à devenir plus calme.

On entend pourtant souvent qu’un bébé trop porté « s’habitue aux bras » : aucune des sources de santé publique consultées ne va dans ce sens pour un nourrisson.

Les gestes qui apaisent un bébé qui pleure

Aucun geste ne marche à tous les coups, et ce qui a fonctionné hier peut échouer ce soir, prévient l’INSPQ. Essayez, l’un après l’autre :

  • le sein, s’il est allaité : téter réconforte autant que nourrir ;
  • le contact : dans vos bras, en peau à peau, ou dans un porte-bébé ;
  • le mouvement : bercer, marcher, une balade en poussette ;
  • un fond sonore doux et régulier : votre voix, une berceuse, un bruit de pluie ou de vagues ;
  • le calme : moins de lumière, moins de bruit, moins de monde autour de lui ;
  • une caresse : frottez doucement son dos, bébé contre vous ou à plat ventre sur vos genoux ;
  • un bain tiède : il calme certains bébés et en énerve d’autres, note le NHS ; l’Assurance maladie recommande une eau à 37 °C.

Attention à l’excès inverse : trop bercer et chanter peut aussi l’empêcher de s’endormir, remarque le NHS. Et s’il s’endort dans la poussette, la balancelle ou le siège auto, recouchez-le dès que possible sur une surface ferme et plate, dans son lit : c’est la règle du couchage sécurisé.

La sélection de la boutique

Pour bercer, porter et apaiser

Aucun produit n’empêche un bébé de pleurer. Un porte-bébé le garde contre vous les mains libres, une balancelle le berce pendant ses moments d’éveil, sous votre regard ; le doudou accompagne les câlins, mais ne va pas dans le lit d’un nourrisson.

Produits vendus par La Maison du Bébé, éditeur de ce magazine. Prix relevés le 12 octobre 2026, à vérifier sur la fiche produit.

Quand les pleurs doivent-ils alerter ?

Des pleurs inhabituels peuvent être le signe d’une maladie. Le NHS cite un cri qui ne ressemble pas à son cri habituel, ou des pleurs continus que rien ne calme, et classe un cri faible, très aigu ou continu parmi les signes d’urgence. Santé.fr ajoute que la douleur donne souvent un cri différent, plus perçant.

L’INSPQ demande de consulter quand bébé pleure de façon inconsolable et qu’en plus il se comporte différemment, ne mange pas, ne dort pas, a de la fièvre, vomit, a des selles anormales ou a pu se blesser. Naître et grandir y ajoute le sang dans les selles, des pleurs excessifs qui continuent après 3 mois et une prise de poids insuffisante. Pour la fièvre, notre article sur la fièvre de bébé donne les seuils selon l’âge.

À partir de 6 mois environ, certains bébés pleurent si fort qu’ils s’arrêtent de respirer quelques secondes, voire perdent connaissance un bref instant : c’est le spasme du sanglot. L’INSPQ le juge sans danger, la respiration reprenant d’elle-même, mais demande de consulter s’il survient avant 6 mois ou dure plus d’une minute.

Quand vous n’en pouvez plus : passer le relais

Être à bout devant des pleurs qui ne cessent pas n’a rien d’anormal ni de honteux, surtout pendant la nfissa, les quarante jours qui suivent l’accouchement, quand le corps récupère et que les nuits sont hachées. Ce qui compte, c’est d’avoir un plan, celui que proposent l’Assurance maladie, l’INSPQ, Naître et grandir et le NHS :

  1. Passez le relais : le papa, la grand-mère, une tante ou une amie de confiance peut prendre le « créneau des pleurs » pendant que vous sortez ou dormez.
  2. Seule ? Posez bébé en sécurité : sur le dos, dans son lit, sans rien autour, puis fermez la porte et quittez la pièce.
  3. Respirez : quelques respirations lentes et profondes, un verre d’eau, un appel à une personne de confiance.
  4. Retournez le voir toutes les 10 minutes environ, mais ne le reprenez dans vos bras qu’une fois calmée.

Laisser pleurer bébé quelques minutes dans un lit sûr n’est pas dangereux, admet Santé.fr. Le secouer l’est toujours.

Si l’épuisement s’installe, parlez-en à votre médecin, comme le conseille Santé.fr. Notre article sur le baby blues et la dépression post-partum aide à faire la différence, et notre article pour les jeunes papas donne des idées pour prendre sa part des nuits.

Le syndrome du bébé secoué : ce que tout l’entourage doit savoir

Secouer un bébé peut provoquer des lésions graves du cerveau. Selon l’Assurance maladie, ce traumatisme crânien, causé par des secousses violentes, entraîne la mort dans plus de 10 % des cas et des séquelles dans 75 % des cas : retard de développement, épilepsie, paralysie, troubles de la vue ou de l’audition. Il touche surtout les bébés de moins d’un an, pour les deux tiers avant 6 mois, et survient le plus souvent quand un adulte épuisé est exaspéré par les pleurs.

Les auteurs sont le plus souvent des pères ou des personnes qui gardent l’enfant, précise l’Assurance maladie. Expliquez donc les dangers des secousses à toute personne qui s’occupe de bébé : papa, nounou, grands-parents, aînés.

Les signes qui doivent alerter après une secousse : somnolence inhabituelle, bébé mou ou au contraire raide, convulsions, pauses respiratoires, vomissements sans raison, perte des sourires et du babillage, mouvements anormaux des yeux. Si vous pensez qu’un bébé a pu être secoué, appelez immédiatement le 141 : une prise en charge précoce limite les lésions. En attendant les secours, s’il vomit ou convulse, allongez-le sur le côté.

Questions fréquentes

Peut-on laisser pleurer un bébé ?

Le consoler ne le gâte pas, rappellent Naître et grandir et l’INSPQ : un nourrisson ne pleure pas par caprice. Mais si vous êtes à bout, le coucher sur le dos dans son lit et quitter la pièce quelques minutes n’est pas dangereux, admet Santé.fr. Retournez le voir toutes les 10 minutes environ. Ce qui est dangereux, c’est de le secouer, même sous l’effet de l’épuisement.

Pourquoi bébé pleure-t-il surtout le soir ?

C’est en fin d’après-midi et le soir que les bébés sont le plus difficiles à consoler, note le NHS britannique. Santé.fr y voit la tension accumulée pendant la journée, la lumière qui baisse et la fatigue des parents. Naître et grandir conseille de prévoir moins d’activités à ces heures-là. Si les crises sont longues et reviennent chaque soir, il peut s’agir de coliques.

Bébé pleure pendant la tétée : a-t-il encore faim ?

Pas forcément. Selon Naître et grandir, des pleurs pendant le repas peuvent aussi signifier qu’il n’a plus faim, qu’il a besoin d’un rot, qu’il a des coliques ou qu’il veut téter pour le réconfort. À l’inverse, un bébé nourri deux heures plus tôt peut avoir de nouveau faim, surtout pendant un pic de croissance. Un nez bouché peut aussi le gêner pour téter.

Qu’est-ce que le spasme du sanglot ?

À partir de 6 mois environ, certains bébés pleurent si fort qu’ils bloquent leur respiration quelques secondes, et peuvent perdre connaissance un bref instant. L’INSPQ le décrit comme sans danger : la respiration reprend d’elle-même. Consultez s’il survient avant 6 mois ou s’il dure plus d’une minute, et appelez le 141 au moindre doute sur sa respiration.

Mon bébé pleure dès qu’on le pose : est-ce un caprice ?

Non. Un bébé ne pleure jamais pour manipuler, souligne Naître et grandir : le besoin d’être près de ses parents fait partie des raisons de ses pleurs. Le porter contre vous, en peau à peau ou dans un porte-bébé, l’apaise souvent. Pour dormir, en revanche, il se couche toujours sur le dos, dans son lit, même s’il proteste un peu au moment de le poser.

Sources

  1. Syndrome du bébé secouéameli.fr, Assurance maladie · France
  2. Pleurs du bébéSanté.fr, Service public d’information en santé · France
  3. Pleurs du nouveau-néMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
  4. Les pleurs de bébéNaître et grandir · Canada (Québec)
  5. Soothing a crying babyNHS · Royaume-Uni
  6. When to get urgent medical help for babies and children under 5NHS · Royaume-Uni