Sommaire de l’article

À retenir

  • Avant 1 an : moins de 1 g de sel par jour, déjà apporté par les aliments eux-mêmes.
  • Le miel est interdit avant 1 an, même cuit, même sur la tétine.
  • Jus de fruits : inutile avant 1 an ; ensuite, très dilué et seulement au repas.
  • Pas d’eau sucrée, ni contre le hoquet, ni pour calmer.
  • Les sucreries de fête ne sont pas interdites après 1 an : on les garde pour le repas, et occasionnelles.

« Elle est fade, ta purée, mets-lui une pincée de sel. » La remarque vient souvent avec les meilleures intentions, d’une grand-mère ou d’une tante. Pourtant, le sel n’a rien à faire dans l’assiette de bébé avant 1 an, pas plus que le sucre ou le miel. Ce n’est pas une mode : c’est la position de l’OMS, des autorités de santé britanniques et canadiennes et des pédiatres français.

Ce qui paraît fade à un adulte ne l’est pas pour un bébé qui découvre le goût de la courgette. Voici les repères par âge, les raisons derrière chaque règle, et comment faire avec les sucres cachés, les jus et les sucreries des jours de fête.

Pourquoi pas de sel avant 1 an ?

Parce que les reins d’un bébé ne sont pas encore assez mûrs pour éliminer l’excès de sel, explique le NHS. Avant 1 an, il ne devrait pas en consommer plus de 1 g par jour, et cette quantité est déjà apportée naturellement par le lait et les aliments. L’OMS le dit simplement : on n’ajoute ni sel ni sucre aux aliments de complément.

Concrètement, cela veut dire :

  • pas de sel dans la purée, ni dans l’eau de cuisson des légumes ou des pâtes ;
  • pas de bouillon cube, souvent très salé, rappelle le NHS ;
  • pas de condiments salés : olives, citron confit, sauce soja, fromages très salés ;
  • pas de charcuterie, à l’exception du jambon cuit découenné selon les pédiatres français.

Les pédiatres français admettent une seule exception : saler très légèrement les légumes d’un bébé qui refuse obstinément les légumes fades. Avant d’en arriver là, misez sur les épices douces et les herbes, qu’ils encouragent. Notre article sur la cuisine marocaine adaptée à bébé montre comment prélever sa part avant d’assaisonner.

Après 1 an : combien de sel par jour ?

Après 1 an, le sel n’est plus interdit, mais il reste plafonné. Voici les quantités maximales par jour fixées par le NHS, tous aliments confondus :

Âge Sel par jour, au maximum
Moins de 1 an Moins de 1 g
1 à 3 ans 2 g
4 à 6 ans 3 g
7 à 10 ans 5 g
11 ans et plus 6 g

Pour un adulte, l’OMS recommande moins de 5 g par jour. Au Maroc, d’après des estimations du ministère de la Santé rapportées par Allo Docteurs, la moitié de la population en consomme près de 12 g, notamment à travers le pain. Un enfant qui mange « comme les grands » dépasse donc vite son plafond. La meilleure stratégie est familiale : saler moins la marmite, et laisser chacun ajuster dans son assiette.

Le sucre : ce que disent l’OMS et les pédiatres

Avant 1 an, aucun sucre ajouté, et le NHS demande d’éviter les aliments et boissons sucrés jusqu’à 4 ans, y compris les sucres « naturels » du miel, des sirops, des jus de fruits et des smoothies. Le fruit entier, lui, reste bienvenu.

Pour les 6-23 mois, l’OMS demande d’éviter les aliments riches en sucre, en sel ou en graisses trans, ainsi que les boissons sucrées. Les pédiatres français retiennent pour les enfants une part de sucres libres inférieure à 5 % des apports de la journée, et conseillent d’utiliser les fruits pour adoucir les laitages.

L’enjeu n’est pas seulement le poids. Le sucre abîme les dents, même dilué, rappelle le NHS. Nos conseils pour protéger ses dents de lait complètent ces repères.

Le miel avant 1 an : pourquoi c’est non

Le miel peut contenir des spores d’une bactérie qui produit une toxine dans l’intestin du bébé et provoque le botulisme infantile, une maladie très grave, explique le NHS. Santé Canada précise que le miel est le seul aliment directement lié au botulisme infantile dans le pays, et que la cuisson ne détruit pas les spores de façon fiable.

Pas de miel, donc, jusqu’à 1 an :

  • ni dans la purée ou le yaourt ;
  • ni dans les gâteaux, même cuits : chebakia, briouates au miel ou amlou attendront ;
  • ni sur la tétine pour calmer bébé, une habitude encore répandue que Santé Canada déconseille explicitement.

Après 1 an, le miel n’est plus dangereux pour cette raison, mais il reste un sucre, à traiter comme tel.

Les sucres cachés : apprendre à lire l’étiquette

Le sucre se cache souvent là où on ne l’attend pas. Santé Canada note que les aliments pour bébés du commerce sont inutiles et peuvent contenir beaucoup de sucre ajouté. Les pédiatres français relèvent aussi que les laitages « bébé » sont souvent sucrés.

Les produits à surveiller :

  • yaourts aromatisés, raïb sucré, flans et petits-suisses aux fruits ;
  • céréales du petit-déjeuner et biscuits « pour bébé » ;
  • compotes en gourde avec jus concentré ;
  • boissons « au jus de fruits ».

Sur la liste des ingrédients, le sucre prend plusieurs noms : sucre, sirop de glucose, dextrose, saccharose, miel, jus de fruits concentré. Plus il apparaît tôt dans la liste, plus il y en a. Pour les premiers repas du matin, nos idées de petit-déjeuner équilibré évitent la plupart de ces pièges.

Jus, eau sucrée, thé : ce qu’on ne met pas dans son verre

Avant 1 an, bébé n’a besoin que de son lait et, à partir de 6 mois, de quelques gorgées d’eau au repas. Le NHS juge le jus de fruits inutile avant 12 mois. Ensuite, s’il en boit, il se dilue largement (une part de jus pour dix parts d’eau) et se sert seulement au repas.

Ce qu’on évite :

  • l’eau sucrée, ni contre le hoquet, ni pour calmer les pleurs, ni « pour l’hydrater » ;
  • les sodas, sirops et boissons « aux fruits », sucrés même dilués (NHS) ;
  • le thé, même léger, même à la menthe, qui ne convient pas aux jeunes enfants (NHS) ;
  • les boissons light ou édulcorées, déconseillées elles aussi par le NHS, car elles entretiennent le goût du sucré.

Notre article sur l’eau à donner à bébé au Maroc détaille quelle eau choisir et en quelle quantité.

Bonbons, gâteaux, fêtes : comment faire sans tout interdire ?

Avant 1 an, la réponse est simple : pas de sucreries. Après 1 an, l’idée n’est pas de bannir les gâteaux des anniversaires, de l’Achoura ou du sbou3, mais de les garder occasionnels et de les servir pendant un repas, plutôt qu’en grignotage. Brossez les dents le soir, comme toujours.

Les bonbons durs posent un autre problème : ils comptent parmi les aliments à risque d’étouffement jusqu’à 4 ans, rappelle l’INSPQ, tout comme les noix entières et les raisins secs. Pour les petits, préférez une part de gâteau maison peu sucré ou des fruits frais coupés. Nos idées pour l’anniversaire d’un enfant et pour l’Achoura en tiennent compte.

Avec la famille, un message clair aide : « on garde les sucreries pour plus tard, il goûtera au dessert ». Ce n’est pas une privation, c’est une habitude qui se prend tôt.

Questions fréquentes

Quand peut-on commencer à saler les plats de bébé ?

Il n’y a pas d’âge où il faudrait se mettre à saler. Avant 1 an, aucun sel ajouté. Entre 1 et 3 ans, le NHS fixe la limite à 2 g de sel par jour, une quantité vite atteinte avec le pain, le fromage et les plats familiaux. Le plus simple est de cuisiner peu salé pour toute la famille et de laisser les adultes ajuster à table.

Mon bébé de 8 mois a mangé un peu de miel, que faire ?

Pas de geste particulier à faire, mais surveillez-le dans les jours qui suivent et appelez votre médecin pour lui signaler. Le botulisme infantile reste rare. Consultez sans attendre si bébé devient inhabituellement mou, tète ou avale mal, pleure faiblement ou est très constipé, et appelez le 141 s’il a du mal à respirer. Ensuite, plus de miel jusqu’à 1 an.

Les compotes « sans sucres ajoutés » sont-elles sucrées ?

Elles contiennent le sucre naturel des fruits, ce qui est normal. Elles n’ont pas de sucre ajouté, ce qui est le bon choix. Méfiez-vous en revanche des mentions qui cachent du sucre, comme le jus de fruits concentré, le sirop ou le miel dans la liste des ingrédients : le NHS les classe parmi les sucres à éviter jusqu’à 4 ans.

Peut-on donner du sucre à un bébé qui a le hoquet ?

Non. L’eau sucrée contre le hoquet est une habitude ancienne, mais aucune autorité de santé ne la recommande, et l’OMS demande de ne pas donner de boissons sucrées aux tout-petits. Le hoquet est fréquent chez le nourrisson et ne demande en général aucun traitement. Avant 6 mois, bébé n’a besoin que de son lait ; ensuite, de quelques gorgées d’eau nature au repas.

Sources

  1. Salt in your dietNHS · Royaume-Uni
  2. Foods to avoid giving babies and young childrenNHS · Royaume-Uni
  3. Drinks and cups for babies and young childrenNHS · Royaume-Uni
  4. Healthy dietOrganisation mondiale de la santé (OMS) · International
  5. La nutrition du nourrisson né à terme et en santé : recommandations pour l’enfant âgé de 6 à 24 moisSanté Canada, Société canadienne de pédiatrie, Les diététistes du Canada et Comité canadien pour l’allaitement · Canada
  6. Risques d’étouffement : à surveiller jusqu’à 4 ansMieux vivre avec notre enfant, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) · Canada (Québec)
  7. Les nouvelles recommandations du PNNS sur la diversification alimentaireComité de nutrition de la Société française de pédiatrie, Perfectionnement en Pédiatrie (2022), document diffusé par l’AFPA · France
  8. Hypertension, diabète... le Maroc veut moins de sel dans son pain (mis à jour le 25/06/2025)Allo Docteurs · France