Sommaire de l’article
À retenir
- Ce n’est pas une calvitie : les cheveux qui tombent sont remplacés par de nouveaux.
- La chute débute vers 2 mois après la naissance et culmine vers 4 mois.
- Aucun soin n’est nécessaire ; shampoing volume et coupe adaptée aident surtout visuellement.
- Henné noir ou mêlé de takaout roumia : jamais, à cause de la PPD.
- Volume pas revenu à un an, fatigue ou palpitations : faites vérifier fer et thyroïde.
Bébé a trois mois. Le matin, la brosse est pleine, la bonde de la douche aussi, et les cheveux semblent s’être clairsemés aux tempes. Cette chute de cheveux post-partum inquiète beaucoup de jeunes mamans, alors qu’elle est fréquente, passagère et sans danger. Elle a même un nom médical : l’effluvium télogène.
Comprendre d’où elle vient aide à patienter. Voici combien de temps elle dure, les gestes qui aident vraiment, ce que valent le henné et les huiles, et les rares cas où elle cache autre chose.
Pourquoi perd-on ses cheveux après l’accouchement ?
Parce que la grossesse les avait retenus. Chaque cheveu pousse, se repose, puis tombe pour laisser la place à un nouveau. En temps normal, on en perd 50 à 100 par jour, selon l’Académie américaine de dermatologie (AAD). Pendant la grossesse, les hormones freinent cette chute, explique Naître et grandir : des cheveux qui auraient dû tomber restent en place.
Après la naissance, le taux d’œstrogènes chute. Beaucoup de cheveux entrent alors en même temps dans leur phase de repos, puis tombent quelques mois plus tard. L’AAD parle d’une chute excessive, et non d’une vraie perte : chaque cheveu tombé est remplacé par un nouveau. DermNet, site de dermatologie néo-zélandais, range l’accouchement parmi les déclencheurs de l’effluvium télogène, avec la fièvre, la chirurgie, le stress intense ou un amaigrissement important.

Quand la chute commence-t-elle, et quand s’arrête-t-elle ?
Les repères varient un peu selon les sources, mais dessinent le même calendrier :
| Étape | Repère |
|---|---|
| Début | Environ 2 mois après la naissance (AAD) ; 2 à 4 mois après l’événement déclencheur (DermNet) |
| Pic | Vers 4 mois après la naissance (AAD) |
| Durée de la chute | Environ 6 mois (Naître et grandir) |
| Retour à la normale | Volume retrouvé avant le premier anniversaire de bébé pour la plupart des femmes, parfois plus tôt (AAD) ; 6 à 9 mois dans la plupart des cas (DermNet) |
Pendant ce temps, de nouveaux cheveux continuent de pousser, précise DermNet. Et l’AAD ne voit là rien à soigner : la chute s’arrête d’elle-même.
Allaitement, stress, régime : qu’est-ce qui peut l’aggraver ?
L’allaitement ne figure pas parmi les causes citées par nos sources : rien ne justifie d’arrêter d’allaiter pour sauver ses cheveux. D’autres facteurs, en revanche, sont des déclencheurs connus de l’effluvium télogène et peuvent s’ajouter à la naissance, selon l’AAD et DermNet :
- un amaigrissement important ou rapide, ou une carence alimentaire ;
- une forte fièvre, par exemple lors d’une mastite ;
- une opération, comme une césarienne ;
- un stress intense, et l’AAD précise que la chute peut durer bien plus longtemps si le stress persiste.
Autant de raisons de ne pas vous lancer dans un régime strict les premiers mois, comme l’explique notre article sur le ventre et le poids après l’accouchement, et de manger varié : nos repères pour bien se nourrir en allaitant valent aussi pour les cheveux. Et si la fatigue et la pression deviennent trop lourdes, notre article sur la charge mentale des jeunes mères propose des pistes pour souffler.
Les gestes qui aident vraiment
Aucun soin n’est indispensable : l’AAD rappelle que vous n’avez rien à faire pour que la chute s’arrête. Les dermatologues proposent surtout des astuces pour que les cheveux paraissent plus fournis en attendant :
- Un shampoing volume, souvent enrichi en protéines, plutôt qu’un shampoing traitant ou un 2 en 1, qui alourdissent.
- Un après-shampoing pour cheveux fins, appliqué surtout sur les pointes, en évitant les soins « intensifs ».
- Une nouvelle coupe : certaines donnent plus de volume, et beaucoup de jeunes mamans choisissent des cheveux courts, qui paraissent plus épais et font gagner du temps le matin.
- Pas de traitements chimiques ni de coiffages excessifs pendant cette période : défrisage, permanente ou décoloration peuvent aggraver la chute, prévient l’AAD.
Henné, huiles, compléments : ce qui est prouvé, et ce qui ne l’est pas
Les huiles. Argan, ricin, olive, nigelle : chaque famille a sa recette. Aucune des sources médicales consultées ne leur attribue d’effet sur la chute du post-partum, qui s’arrête de toute façon d’elle-même. Si le massage du cuir chevelu vous fait du bien, gardez-le comme un moment de détente, sans en attendre de miracle.
Le henné naturel. Il colore et fait partie de nos rituels de beauté depuis des générations. Aucune de nos sources ne montre qu’il freine cette chute. Le vrai sujet, c’est ce qu’on lui ajoute :
- le henné dit « noir » contient souvent de la paraphénylènediamine (PPD), la takaout roumia, mélangée pour foncer la couleur ou la faire durer. Le site marocain pharmacie.ma rappelait en 2017 qu’elle peut provoquer de vives réactions de la peau, que la sensibilisation peut s’étendre aux teintures capillaires, et que le Centre Anti-Poison reçoit régulièrement de tels cas ;
- avalée, la PPD est un poison. Entre 1980 et 2010, le Centre Anti-Poison du Maroc a recensé 1 074 intoxications par des produits cosmétiques, dont la PPD était le premier responsable, relevait Aujourd’hui le Maroc. Rangez-la hors de portée des enfants, ou mieux, ne l’achetez pas.
Les compléments. Aucune de nos sources ne recommande de vitamine pour arrêter cette chute. Une carence en fer, elle, se soigne, mais seulement après une prise de sang : c’est l’objet de la section suivante.
Thyroïde, carence en fer : quand la chute cache autre chose
La plupart du temps, la chute du post-partum est seule en cause. Deux situations fréquentes après une naissance méritent pourtant d’être connues.
La carence en fer. La grossesse est l’une des causes très fréquentes d’anémie par manque de fer, rappelle le NHS britannique. Ses signes principaux sont la fatigue, l’essoufflement, les palpitations, une peau plus pâle et des maux de tête ; la perte de cheveux fait partie des signes moins courants. Le diagnostic repose sur une prise de sang, et le traitement suit les consignes du médecin.
La thyroïdite du post-partum. Cette inflammation de la thyroïde touche environ 5 à 10 % des femmes aux États-Unis, selon l’American Thyroid Association (ATA). Elle se déroule souvent en deux temps :
- entre 1 et 4 mois après l’accouchement, une phase où la thyroïde libère trop d’hormones : anxiété, insomnie, cœur qui bat vite, fatigue, perte de poids, irritabilité, autant de signes facilement mis sur le compte du nouveau-né ;
- entre 4 et 8 mois, une phase où elle n’en produit plus assez : fatigue, prise de poids, constipation, peau sèche, déprime.
La plupart des femmes retrouvent une thyroïde normale 12 à 18 mois après le début des symptômes, mais environ 20 % de celles qui passent par la seconde phase gardent une thyroïde paresseuse, précise l’ATA. Votre médecin vous dira quels examens faire. Et si c’est surtout le moral qui flanche, lisez notre article sur le baby blues et la dépression après la naissance : la fatigue et la tristesse qui durent se soignent aussi. Le reste de la récupération physique est décrit dans notre article sur les six premières semaines après bébé.
Questions fréquentes
Combien de cheveux perd-on par jour après l’accouchement ?
Habituellement, on perd 50 à 100 cheveux par jour, selon l’Académie américaine de dermatologie (AAD). Après une naissance, ce nombre augmente nettement pendant quelques mois. Aucune de nos sources ne donne de seuil chiffré propre au post-partum : ce qui compte, c’est que la chute ralentisse au fil des mois et que le volume revienne, en général avant le premier anniversaire de bébé.
Les cheveux repoussent-ils comme avant ?
Le plus souvent, oui. L’AAD indique que la plupart des femmes retrouvent leur volume habituel avant le premier anniversaire de bébé, parfois plus tôt. DermNet, site de dermatologie néo-zélandais, précise que la récupération peut être incomplète dans certains cas, et qu’une chute qui dure peut révéler une tendance héréditaire à l’affinement des cheveux. Si le volume ne revient pas après un an, consultez un dermatologue.
Le henné noir est-il dangereux ?
Oui. Le henné dit noir contient souvent de la paraphénylènediamine, ou PPD, la takaout roumia, ajoutée pour foncer la couleur ou la faire durer. Elle peut provoquer de fortes réactions de la peau, et la sensibilisation peut ensuite s’étendre aux teintures capillaires, rappelait le site marocain pharmacie.ma en 2017. Avalée, la PPD est un poison : rangez-la toujours hors de portée des enfants.
Les vitamines pour cheveux servent-elles à quelque chose ?
Aucune de nos sources ne recommande de complément pour stopper cette chute, qui s’arrête d’elle-même. Un manque de fer, en revanche, peut s’accompagner d’une perte de cheveux : il se recherche par une prise de sang, et le traitement se prend selon les consignes du médecin. Rangez tout complément de fer hors de portée des enfants : le NHS rappelle qu’un surdosage peut être mortel chez un jeune enfant.
Sources
- Hair loss in new moms: Dermatologist tipsAmerican Academy of Dermatology (AAD) · États-Unis
- Do you have hair shedding or hair loss?American Academy of Dermatology (AAD) · États-Unis
- Telogen effluviumDermNet · Nouvelle-Zélande
- Récupérer après l’accouchementNaître et grandir · Canada (Québec)
- Postpartum ThyroiditisAmerican Thyroid Association · États-Unis
- Iron deficiency anaemiaNHS · Royaume-Uni
- Henné noir : Du tatouage éphémère à la cicatrice indélébile ! (Abderrahim Derraji, 15 août 2017)pharmacie.ma · Maroc
- Intoxications par les produits cosmétiques : « Takaout Roumia », la teinture capillaire qui tueAujourd’hui le Maroc, d’après la revue Toxicologie Maroc du Centre Anti-Poison · Maroc
