Sommaire de l’article

À retenir

  • Le lait maternel est pauvre en vitamine D : le supplément concerne surtout les bébés allaités.
  • Au Maroc, environ un enfant sur trois manquait de vitamine D selon une enquête de 2019.
  • La durée varie selon les pays : demandez au pédiatre jusqu’à quand continuer.
  • Un seul produit à la fois : gouttes, ampoule et complément ne se cumulent jamais.
  • Jambes arquées, poignets épaissis, retard de marche : on consulte.

Le pédiatre a noté « vitamine D » sur l’ordonnance de sortie de la maternité, et la grand-mère s’étonne : « Avec le soleil qu’on a au Maroc ? » La question est légitime. La réponse est pourtant claire : la vitamine D manque souvent aux bébés, y compris sous nos latitudes, et un supplément est la règle dans la plupart des pays.

Encore faut-il savoir pourquoi, jusqu’à quand, et comment éviter l’erreur inverse : en donner trop. Voici ce qu’il faut retenir, sans aucune dose, puisque c’est au médecin de la fixer pour votre enfant.

À quoi sert la vitamine D ?

Elle permet au corps d’absorber le calcium et le phosphore des aliments, puis de les fixer dans les os. Sans elle, le squelette de l’enfant se minéralise mal pendant la croissance. La Société canadienne de pédiatrie rappelle qu’un manque prolongé peut provoquer un rachitisme, une maladie qui déforme les os en train de grandir.

Elle joue aussi un rôle dans la solidité des dents et dans le fonctionnement des muscles. Chez l’adulte, son manque donne une ostéomalacie, des os qui se ramollissent.

Pourquoi un supplément, même au soleil du Maroc ?

Parce que les deux sources naturelles de vitamine D sont insuffisantes chez le tout-petit.

L’alimentation d’abord. Le lait maternel en contient très peu, explique la Société canadienne de pédiatrie, même quand la mère mange bien. Les aliments qui en apportent sont rares : poissons gras comme la sardine ou le thon, jaune d’œuf. Un bébé n’en mange pas assez pour couvrir ses besoins.

Le soleil ensuite. La peau fabrique de la vitamine D sous les rayons du soleil, mais les bébés doivent justement en être protégés. Le NHS britannique insiste : même un enfant qui joue souvent dehors a besoin de son supplément. Le quotidien marocain Le Matin liste d’autres freins, valables ici : peau mate ou foncée, vêtements couvrants, crème solaire, pollution des villes, vie en appartement. On ne met donc pas bébé au soleil « pour la vitamine D » : les règles de protection restent les mêmes, comme l’explique notre article sur bébé à la plage et au soleil.

Les chiffres marocains confirment le problème. Selon l’enquête nationale sur les carences en micronutriments de 2019 du ministère de la Santé, citée par Le Matin, environ un enfant sur trois de 6 mois à 12 ans manquait de vitamine D. Et d’après l’enquête nationale sur la nutrition 2012-2020, environ deux tiers des femmes en âge d’avoir des enfants présentaient une carence ou une insuffisance.

Bébé allaité, bébé au lait infantile : qui en a besoin ?

Le bébé allaité est le premier concerné. Au Canada comme au Royaume-Uni, il reçoit un supplément quotidien dès la naissance, que sa mère en prenne ou non. Allaiter reste le meilleur choix : ce supplément n’est pas un défaut du lait maternel, juste un complément pour un nutriment que la nature fournit surtout par le soleil. Pour les premiers jours au sein, voyez comment bien démarrer l’allaitement.

Le bébé nourri au lait infantile en reçoit déjà, car ces laits sont enrichis. Le NHS ne donne pas de supplément à un bébé qui en boit plus de 500 ml par jour. En dessous, ou en allaitement mixte, c’est au pédiatre de trancher.

Au Maroc, le ministère de la Santé mène un programme de supplémentation pour les femmes enceintes et les nouveau-nés, qu’il a déclaré maintenu en février 2023. Renseignez-vous au centre de santé ou auprès de votre médecin sur ce qui est prévu pour votre bébé.

Jusqu’à quel âge donner de la vitamine D ?

La réponse dépend du pays, et c’est l’un des points où les recommandations divergent le plus.

Pays Repère publié
Royaume-Uni (NHS) dès la naissance pour le bébé allaité, puis chaque jour pour tous les enfants jusqu’à 5 ans
Canada (Société canadienne de pédiatrie) dès la naissance pour le bébé allaité, jusqu’à ce que l’alimentation en apporte assez
Maroc pas de durée nationale publiée retrouvée pour l’enfant : suivez la prescription du pédiatre

Ces écarts s’expliquent par l’ensoleillement, les aliments enrichis disponibles et les habitudes de chaque pays. Au Canada, par exemple, le lait de vache vendu en magasin est enrichi en vitamine D, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. Retenez une règle simple : à chaque visite de suivi, demandez au pédiatre s’il faut continuer.

Quels sont les signes d’un manque de vitamine D ?

Une carence légère ne se voit pas. Quand elle s’installe, les signes touchent surtout les os. Les médecins cités par Le Matin décrivent :

  • un crâne qui reste mou, une fontanelle qui tarde à se fermer ;
  • des poignets et des chevilles qui s’épaississent ;
  • des jambes arquées, avec un écart marqué entre les genoux quand les pieds se touchent ;
  • une croissance qui ralentit et des acquisitions motrices en retard, comme la marche ;
  • des déformations du thorax.

Une chute importante du calcium peut aussi provoquer des crampes, voire un spasme du larynx qui gêne la respiration. C’est rare, mais c’est une urgence.

Trop de vitamine D : le danger des doubles prises

Un excès de vitamine D n’est pas anodin. L’Ordre national des pharmaciens, en France, rapporte plusieurs cas graves d’hypercalcémie (trop de calcium dans le sang) chez des nourrissons, après des compléments alimentaires enrichis en vitamine D. Ses conseils sont précis : préférer les formes vendues comme médicaments, ne donner de vitamine D que sur prescription, vérifier la quantité à chaque prise et ne jamais multiplier les produits.

Les situations à risque sont souvent banales :

  • deux parents qui donnent chacun la prise du jour, sans se le dire ;
  • des gouttes quotidiennes et une ampoule reçue ailleurs ;
  • un complément « multivitamines » ou de l’huile de foie de morue ajoutés en plus, ce que le NHS déconseille ;
  • un flacon laissé à portée d’un grand frère.

Au Maroc, les formes en ampoules fortement dosées ont d’ailleurs fait l’objet d’une circulaire du ministère de la Santé en février 2023, qui en a encadré l’usage. Les experts interrogés rappelaient alors que la prise quotidienne est souvent préférée chez le nourrisson. Rangez la vitamine D avec les autres médicaments de la pharmacie de bébé, en hauteur.

Questions fréquentes

Mon bébé prend du lait infantile, a-t-il besoin de vitamine D ?

Pas toujours. Les laits infantiles sont enrichis en vitamine D, et le NHS britannique ne donne pas de supplément aux bébés qui en boivent plus de 500 ml par jour. En allaitement mixte, ou quand bébé boit peu, la situation change. Montrez au pédiatre la boîte de lait utilisée : c’est lui qui décide si un supplément est utile et lequel.

J’ai oublié la vitamine D hier, dois-je doubler la prise ?

Non. Un oubli ponctuel n’a aucune conséquence, car la vitamine D se stocke dans l’organisme. Reprenez simplement le rythme habituel le lendemain. Doubler la prise expose au contraire à un excès. Pour ne plus oublier, associez le geste à un moment fixe de la journée, par exemple le premier change du matin, et rangez le flacon hors de portée.

Gouttes tous les jours ou ampoule tous les trois mois : quelle différence ?

Ce sont deux façons de donner la vitamine D : une petite quantité chaque jour, ou une forte quantité espacée. Les experts marocains interrogés en 2023 rappelaient que la prise quotidienne est souvent préférée chez le nourrisson. Le choix dépend du pédiatre, de l’âge et de votre organisation. L’essentiel est de ne jamais combiner les deux sans avis médical.

Une prise de sang est-elle nécessaire pour vérifier la vitamine D ?

En général non, chez un enfant en bonne santé qui reçoit son supplément. Le dosage sanguin est réservé aux situations particulières : signes de rachitisme, maladie digestive, traitement au long cours, peau très foncée peu exposée ou alimentation très restreinte. C’est le médecin qui juge de son intérêt, puis adapte le traitement si besoin.

Sources

  1. La vitamine DSociété canadienne de pédiatrie, Soins de nos enfants · Canada
  2. Vitamins for childrenNHS · Royaume-Uni
  3. Vitamine D : besoins journaliers et risques de surdosage chez les nourrissonsOrdre national des pharmaciens · France
  4. Tout savoir sur les carences en vitamine DLe Matin · Maroc
  5. Vitamine D Cure Forte : nouvelles précisions du ministère de la SantéLe Matin · Maroc
  6. Arrêt de l’usage de la vitamine D Cure forte au Maroc : les explications des expertsLe Matin · Maroc