Sommaire de l’article

À retenir

  • Un bébé qui tousse fort se débrouille : on l’encourage, on n’intervient pas.
  • Bébé de moins d’un an qui ne peut ni tousser ni pleurer : 5 tapes dans le dos, 5 compressions thoraciques.
  • Enfant inconscient qui ne respire pas : 141, puis compressions thoraciques en continu.
  • Pendant une convulsion : on protège la tête, on ne met rien dans la bouche, on chronomètre.
  • Après tout étouffement sérieux ou malaise, l’enfant est examiné par un médecin.

Un grain de raisin avalé de travers, un bébé qui devient tout mou dans vos bras, un enfant fiévreux qui se raidit et tremble. Dans ces moments, les secours mettent toujours quelques minutes à arriver, et ce sont les parents qui sont là. Connaître les premiers secours du bébé, c’est savoir quoi faire pendant ces minutes-là.

Ce guide reprend les gestes de base recommandés par les autorités de santé du Québec, du Royaume-Uni, de France et des États-Unis. Il vous prépare, il ne remplace pas une formation : l’INSPQ le rappelle lui-même, et c’est en pratiquant sur un mannequin qu’on acquiert les bons réflexes.

Le réflexe de base : appeler le 141, ou faire appeler

Le premier geste est presque toujours d’alerter. Si vous êtes deux, l’un appelle pendant que l’autre agit. Si vous êtes seule, criez pour attirer quelqu’un, et commencez les gestes.

Au téléphone, le régulateur du SAMU vous guide pas à pas : gardez le haut-parleur activé et répondez calmement à ses questions. Donnez l’adresse exacte, l’âge de l’enfant et ce que vous voyez (il respire ou non, il réagit ou non). À défaut du 141, composez le 15 (Protection civile).

Bébé s’étouffe : comment le reconnaître et réagir ?

Tout dépend d’une question : peut-il encore tousser fort ?

S’il tousse, pleure ou parle, l’obstruction est partielle. L’INSPQ conseille de ne pas intervenir et de l’encourager à tousser : c’est son meilleur moyen d’expulser l’objet. Restez près de lui et surveillez. Si sa respiration vous inquiète, appelez le 141.

S’il ne peut plus tousser, pleurer, parler ni émettre de son, s’il porte les mains à sa gorge, devient bleuté ou s’affaisse, l’obstruction est totale. L’Académie américaine de pédiatrie liste ces signes comme ceux d’un étouffement qui exige d’agir tout de suite. Faites appeler le 141 et commencez immédiatement.

Chez le bébé de moins d’un an

  1. Couchez-le à plat ventre sur votre avant-bras, la tête un peu plus basse que le corps, en tenant sa mâchoire entre vos doigts sans appuyer sur la gorge. Appuyez votre bras sur votre cuisse.
  2. Donnez 5 tapes fermes dans le dos, entre les omoplates, avec le talon de la main.
  3. Retournez-le sur le dos, sur votre autre avant-bras, la tête toujours maintenue.
  4. Faites 5 compressions thoraciques fermes avec deux doigts, au milieu de la poitrine, juste sous la ligne imaginaire qui relie les mamelons.
  5. Alternez 5 tapes et 5 compressions jusqu’à ce qu’il respire, tousse ou pleure.

S’il perd connaissance, passez aux gestes de la section suivante.

Chez l’enfant à partir d’un an

Placez-vous derrière lui, à sa hauteur. Mettez un poing fermé juste au-dessus du nombril, couvrez-le de l’autre main, et tirez fermement vers vous et vers le haut, en forme de « J ». Recommencez jusqu’à ce qu’il respire, tousse, parle ou pleure. L’INSPQ recommande ensuite de le faire examiner aux urgences, car des complications sont possibles.

Bébé ne réagit plus : que faire ?

Un enfant inconscient est mou, immobile, et ne réagit ni à votre voix ni à de petites tapes sur les pieds ou les épaules.

  1. Appelez ou faites appeler le 141 tout de suite.
  2. S’il a pu se blesser à la tête, au cou ou au dos (chute, accident), ne le bougez pas, sauf danger immédiat.
  3. Regardez s’il respire : la poitrine ou le ventre se soulèvent-ils normalement ?
  4. S’il respire, placez-le sur le côté (voir plus bas) et surveillez sa respiration jusqu’à l’arrivée des secours.
  5. S’il ne respire pas, ou seulement par à-coups, couchez-le sur le dos, sur une surface dure, et commencez les compressions thoraciques.

Les compressions thoraciques (massage cardiaque)

Selon l’INSPQ, on appuie fermement sur le milieu de la poitrine en direction du sol, puis on relâche complètement, dans un mouvement de va-et-vient rapide et continu :

  • avant un an : avec deux doigts, juste sous la ligne des mamelons ;
  • après un an : avec le talon d’une main, au milieu de la poitrine.

Continuez sans vous arrêter jusqu’à ce que l’enfant réagisse ou respire, ou jusqu’à l’arrivée des secours. Le régulateur du 141 peut vous donner le rythme. Les personnes formées associent les compressions à des insufflations (le bouche-à-bouche) : c’est l’une des raisons pour lesquelles une formation fait la différence.

Même s’il reprend connaissance, l’enfant doit être conduit aux urgences.

La position latérale de sécurité (PLS)

C’est la position d’attente d’un enfant inconscient qui respire, ou d’un enfant qui sort d’une convulsion. Elle évite qu’il s’étouffe avec sa salive ou des vomissements.

  • Le bébé se tient dans vos bras, couché sur le côté, la tête légèrement plus basse que le corps.
  • L’enfant plus grand est allongé sur le côté, la jambe du dessus pliée pour le stabiliser, la tête un peu basculée en arrière, la bouche vers le sol.

Vérifiez régulièrement qu’il respire. S’il cesse de respirer, remettez-le sur le dos et commencez les compressions.

Convulsion : les bons gestes

La convulsion la plus fréquente chez le petit enfant survient avec la fièvre. Elle est impressionnante (raideur, secousses, regard fixe), mais le plus souvent brève : de 1 à 5 minutes selon l’Assurance Maladie.

Pendant la crise :

  • notez l’heure de début ;
  • protégez sa tête avec vos mains ou un coussin, éloignez les objets dangereux ;
  • ne le retenez pas et n’essayez pas d’arrêter les mouvements ;
  • ne mettez rien dans sa bouche, ni doigt, ni objet, ni médicament ;
  • ne le mettez pas dans l’eau froide pour faire baisser la fièvre, précise le NHS.

Après la crise, installez-le en position latérale de sécurité et laissez-le récupérer. Il sera souvent somnolent.

Appelez le 141 si c’est sa première convulsion, si elle dure plus de 5 minutes, s’il respire mal, si les secousses ne touchent qu’un côté du corps, s’il reste anormalement endormi plus d’une heure, ou s’il refait une crise dans les 24 heures : ce sont les critères du NHS. L’Assurance Maladie ajoute l’enfant de moins d’un an et la convulsion sans fièvre. La fièvre elle-même se prend en charge selon nos conseils sur la fièvre chez bébé.

Pourquoi suivre une formation ?

Parce qu’un geste lu n’est pas un geste appris. Sur un mannequin, avec un formateur, on sent la force nécessaire pour une tape dans le dos, la profondeur d’une compression, le bon rythme. On apprend aussi à garder la tête froide.

Au Maroc, l’information circule surtout localement. Demandez à votre pédiatre, à votre maternité, à la crèche ou à l’école de votre enfant, et aux associations de secourisme près de chez vous. Une session de quelques heures suffit souvent pour les gestes de base. Proposez-la aussi aux grands-parents et à la personne qui garde votre enfant.

Les autres situations d’urgence ont leurs propres articles : que surveiller après une chute sur la tête, prévenir la noyade et notre dossier sur les accidents domestiques.

Questions fréquentes

Faut-il mettre les doigts dans la bouche d’un bébé qui s’étouffe ?

Non, sauf si l’objet est bien visible et peut être retiré facilement. Fouiller au fond de la gorge à l’aveugle risque de repousser l’objet plus loin. La bonne réponse, chez le bébé de moins d’un an qui ne peut plus tousser, pleurer ni respirer, reste l’alternance de 5 tapes dans le dos et de 5 compressions sur la poitrine, pendant que quelqu’un appelle le 141.

Peut-on faire la manœuvre de Heimlich à un bébé ?

Non, pas avant un an. Les compressions sur le ventre, dites manœuvre de Heimlich, sont réservées aux enfants d’un an et plus et aux adultes, car elles pourraient blesser les organes d’un nourrisson. Chez le bébé, on remplace ces poussées par des compressions sur la poitrine, avec deux doigts, juste sous la ligne imaginaire qui relie les deux mamelons.

Où suivre une formation aux premiers secours pédiatriques au Maroc ?

Renseignez-vous localement. Posez la question à votre pédiatre, à votre maternité ou à la crèche de votre enfant : certaines organisent des ateliers pour les parents. Les associations de secourisme et les organismes de formation professionnelle en proposent aussi. Vérifiez que la session comporte de la pratique sur mannequin bébé et enfant, avec un formateur qualifié.

Mon bébé a eu un malaise puis a repris des couleurs, faut-il quand même consulter ?

Oui, toujours. Un bébé qui a cessé de respirer, est devenu bleu, mou ou inconscient, même quelques secondes, doit être examiné en urgence, même s’il semble aller parfaitement bien ensuite. L’INSPQ recommande de conduire aux urgences tout enfant qui a perdu connaissance, car des complications restent possibles. Appelez le 141 pour être orientée.

Sources

  1. Intervenir en cas d’étouffementMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
  2. Intervenir en cas d’inconscienceMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
  3. Febrile seizuresNHS · Royaume-Uni
  4. Convulsions fébriles de l’enfantAssurance Maladie (ameli.fr) · France
  5. Choking Prevention for Babies & Children: What Every Parent Needs to KnowAmerican Academy of Pediatrics (HealthyChildren.org) · États-Unis