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À retenir
- Avant 2 ans : pas d’écran, sauf les appels vidéo avec la famille.
- De 2 à 5 ans : une heure par jour au maximum, idéalement regardée avec un adulte.
- Pas d’écran pendant les repas, dans la chambre, ni dans l’heure qui précède le coucher.
- Télévision éteinte quand personne ne la regarde : le fond sonore compte aussi.
- Votre propre téléphone pèse dans la balance : l’enfant imite et réclame votre attention.
Au restaurant, la table voisine est calme : le petit de 2 ans mange, les yeux rivés sur un téléphone posé contre la carafe. À la maison, la télévision tourne du matin au soir, et le dessin animé est devenu la seule façon de lui faire avaler sa soupe. Les écrans se sont glissés partout dans la vie de l’enfant, et beaucoup de parents se demandent où placer le curseur.
Les repères existent. Ils viennent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de la Société canadienne de pédiatrie et, depuis 2025, des autorités françaises. Ils ne disent pas tout à fait la même chose, et c’est instructif. Voici ce qu’ils recommandent, pourquoi, et comment faire autrement sans transformer chaque soirée en bataille.
Combien de temps d’écran selon l’âge ?
Aucun avant 2 ans pour l’OMS et pour les pédiatres canadiens, aucun avant 3 ans en France. Ensuite, une heure par jour au maximum. Le tableau résume les trois sources :
| Âge | OMS (2019) | Société canadienne de pédiatrie (2025) | France, carnet de santé (2025) |
|---|---|---|---|
| Avant 1 an | Pas d’écran | Pas d’écran, sauf appels vidéo | Pas d’écran |
| 1 an | Pas d’écran | Pas d’écran, sauf appels vidéo | Pas d’écran |
| 2 ans | 1 heure par jour au maximum, moins c’est mieux | Environ 1 heure par jour au plus | Pas d’écran |
| 3 à 4 ans | 1 heure par jour au maximum, moins c’est mieux | Environ 1 heure par jour au plus | Usage occasionnel, contenus éducatifs, avec un adulte |
| 5 à 6 ans | Hors du champ de ces lignes directrices | 1 heure par jour au plus jusqu’à 5 ans | Usage occasionnel, contenus éducatifs, avec un adulte |
L’OMS parle du temps passé assis devant un écran. Les pédiatres canadiens visent l’usage « de routine » ou sédentaire. Et l’OMS ajoute : moins, c’est mieux.

Pourquoi les recommandations divergent-elles ?
Parce que les preuves sont surtout des associations, pas des certitudes. En avril 2025, cinq sociétés savantes françaises, dont la Société française de pédiatrie, ont demandé de proscrire les écrans avant 6 ans, en citant des retards de langage et des troubles de l’attention observés par les soignants et les enseignants. La même dépêche précise que l’effet néfaste des écrans ne fait pas consensus chez les chercheurs.
Cet appel ne change pas les repères officiels, mais il fixe un cap : aussi peu d’écran que possible jusqu’à 6 ans. Les signataires, leurs arguments et les quatre moments sans écran (matin, repas, coucher, chambre) sont détaillés dans notre dossier sur la recommandation « pas d’écran avant 6 ans ».
La France a choisi la prudence. Le carnet de santé en vigueur depuis le 1er janvier 2025 indique « pas d’écran avant trois ans », puis un usage occasionnel, limité à des contenus de qualité éducative et accompagné par un adulte. Depuis le 3 juillet 2025, un arrêté du 27 juin 2025 interdit aussi d’exposer un enfant de moins de 3 ans à un écran dans les crèches et chez les assistantes maternelles. Cette règle ne s’applique pas au domicile des familles.
Pour vous, le dénominateur commun suffit : rien ou presque avant 2 ans, peu ensuite, et jamais à la place du sommeil, du jeu et des échanges.
Ce que les écrans prennent aux tout-petits
Le problème tient surtout à ce que l’écran remplace. Un tout-petit apprend à parler en écoutant des adultes qui lui répondent, en jouant, en bougeant. Les pédiatres canadiens rappellent qu’avant 2 ans, l’enfant n’apprend pas des écrans, et que le temps passé devant eux est pris sur les interactions qui construisent le langage.
La Société canadienne de pédiatrie associe un usage excessif à :
- un moins bon langage et une moins bonne préparation à l’école ;
- un sommeil plus court et perturbé ;
- de l’inattention, de l’agressivité et plus de mal à se calmer seul ;
- un risque accru de surpoids et de myopie.
Tendre le téléphone pour arrêter une crise marche sur le moment. Mais l’enfant a besoin d’apprendre d’autres façons de se calmer, avec votre aide. Nos repères sur les colères du tout-petit donnent des pistes pour traverser ces moments.
Télé en fond, téléphone à table : les pièges du quotidien
Les règles les plus utiles concernent les moments et les lieux plus que les minutes. La Société canadienne de pédiatrie conseille :
- d’éteindre les écrans pendant les repas, pendant la lecture et les activités en famille ;
- d’arrêter tout écran au moins une heure avant le coucher, pour protéger l’endormissement ;
- de garder les écrans hors de la chambre de l’enfant ;
- d’éteindre la télévision quand personne ne la regarde, y compris le fond sonore.
Si chez vous la télévision reste allumée toute la journée sans que personne ne la regarde vraiment, elle occupe l’espace sonore où se glissent d’habitude les conversations et les chansons.
En France, les données de la cohorte Elfe montrent d’ailleurs que le temps d’écran moyen des jeunes enfants dépasse les recommandations et augmente entre 2 ans et 5 ans et demi. Vous n’êtes donc pas seule à trouver l’exercice difficile.
Votre téléphone compte aussi
Les enfants copient ce qu’ils voient. La Société canadienne de pédiatrie invite les parents à limiter leur propre usage, sur tous les appareils, et à se méfier de la « technoférence » : ces moments où le téléphone interrompt un repas, un jeu ou une conversation. Un enfant dont le parent est absorbé par son écran peut multiplier les bêtises pour récupérer son attention.
Personne ne vous demande de vivre sans téléphone. Quelques règles simples changent déjà l’ambiance : le téléphone posé loin de la table pendant le dîner, pas de défilement pendant le bain ou l’histoire du soir, les messages lus quand l’enfant dort.
Appels vidéo, dessins animés, tablette : que garder ?
Les appels vidéo avec la famille font exception, même avant 2 ans, selon les pédiatres canadiens. Pour un grand-père à Agadir ou une tante installée en Belgique, c’est une vraie conversation : l’enfant voit un visage familier, entend une voix qui lui répond et peut réagir.
Les dessins animés et les applications, à partir de 2 ans, gagnent à être choisis et partagés. Les pédiatres canadiens conseillent de :
- regarder avec l’enfant et parler de ce que vous voyez ;
- choisir des programmes adaptés à son âge, avec un objectif d’apprentissage clair ;
- tester une application avant de la lui confier ;
- limiter la publicité et les contenus commerciaux.
Les livres numériques peuvent soutenir le langage s’ils sont lus ensemble, mais ils ne remplacent pas le livre papier, note la même source. Pour le plaisir de lire avec lui, voyez notre article sur les histoires à lire à bébé.
Que proposer à la place ? Des idées concrètes
L’OMS fixe le cap : entre 1 et 4 ans, au moins trois heures d’activité physique par jour, sous toutes ses formes, et, pendant les moments calmes, la lecture et les histoires partagées avec un adulte. Avant 1 an, le jeu au sol et le temps sur le ventre, plusieurs fois par jour.
Concrètement :
- Avant 1 an : un tapis au sol, vos grimaces, des comptines, des objets à attraper. Les idées se trouvent dans nos activités d’éveil de 0 à 12 mois.
- De 1 à 3 ans : transvaser de l’eau, empiler, encastrer, dessiner, « aider » à la cuisine, chanter. Nos comptines et chansons pour les tout-petits font de bons rituels.
- De 3 à 6 ans : jeux de construction, puzzles, coloriage, jeux de société simples, et dehors dès que possible, au parc ou à la plage. Voyez nos idées de jeux en plein air.
La boutique propose des jeux de premier apprentissage et des jeux créatifs pour ces moments. Aucun ne vaut un adulte disponible, mais un coffret de crayons ou un puzzle sorti au bon moment peut aider à éteindre la télévision.
La sélection de la boutique
Des jeux qui occupent les mains, sans écran
Aucun jouet ne remplace un adulte disponible, mais ces jeux simples, à choisir selon l’âge indiqué, aident à installer d’autres habitudes : dessiner, encastrer, empiler, grimper.
−41 %NathanColoriage magique à l’eau Coloréo à la ferme Nathan59 DHau lieu de 100 DHVoir le produit
−48 %HapePuzzle à encastrer en bois Who’s in the House Hape65 DHau lieu de 125 DHVoir le produit
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−48 %MinilandJeu de mosaïques Pegs 20 mm Miniland104 DHau lieu de 200 DHVoir le produit
−42 %LudiParcours de jeu Ludi348 DHau lieu de 595 DHVoir le produit- Tout le rayon premier apprentissage25 produits en ligne, livrés partout au Maroc.Ouvrir le rayon
Produits vendus par La Maison du Bébé, éditeur de ce magazine. Prix relevés le 12 octobre 2026, à vérifier sur la fiche produit.
Grand-mère, nounou, crèche : accorder les règles
Les règles ne tiennent que si elles sont partagées. Chez les grands-parents, chez la nounou ou à la crèche, il arrive que l’écran serve à occuper un enfant pendant que l’adulte fait autre chose. Plutôt qu’une interdiction générale, convenez de quelques points simples : pas d’écran pendant les repas, pas avant la sieste, et des programmes choisis à l’avance.
Quand vous visitez une crèche, demandez si une télévision ou une tablette est utilisée, et dans quelles conditions. Nos conseils pour choisir une crèche listent les autres questions à poser. Et si la discussion avec la famille coince, les principes de l’éducation positive aident à poser une limite sans conflit.
Questions fréquentes
Les dessins animés éducatifs sont-ils acceptables avant 2 ans ?
Les pédiatres canadiens ne les recommandent pas : avant 2 ans, un enfant n’apprend pas grand-chose d’un écran, même présenté comme éducatif. Il apprend des personnes qui lui parlent et lui répondent. L’OMS ne recommande, elle non plus, aucun écran avant 2 ans. Si votre enfant de 2 ans regarde un programme, choisissez-le adapté à son âge, regardez-le avec lui et parlez de ce que vous voyez.
Les appels vidéo avec la famille comptent-ils comme du temps d’écran ?
Les pédiatres canadiens en font une exception, même avant 2 ans : parler en vidéo avec des adultes qui l’aiment, comme les grands-parents ou une tante installée à l’étranger, reste un échange. Votre enfant voit un visage, entend une voix qui lui répond, et il peut réagir. Tenez-le sur vos genoux et participez à la conversation.
Mon enfant ne mange qu’avec un dessin animé : comment arrêter ?
Les pédiatres canadiens conseillent d’éteindre les écrans pendant les repas. Allez-y par étapes : prévenez-le la veille, installez-le à table avec vous, et faites du repas un moment d’échange, en nommant les aliments et en racontant la journée. Gardez le même cap à chaque repas, avec toute la famille. Notre article sur les repas des 1-3 ans aide à garder des attentes réalistes.
La télévision allumée en fond sonore pose-t-elle problème ?
Oui, si elle reste allumée toute la journée. La Société canadienne de pédiatrie recommande d’éteindre les écrans quand personne ne les regarde, en particulier la télévision en fond sonore. Elle rappelle que les écrans prennent du temps aux échanges qui construisent le langage. Une maison plus calme laisse plus de place aux conversations, aux chansons et au jeu.
Sources
- To grow up healthy, children need to sit less and play more (24 avril 2019)Organisation mondiale de la santé (OMS) · International
- Screen use and young children (mis à jour en mars 2025)Caring for Kids, Société canadienne de pédiatrie · Canada
- Catherine Vautrin ne veut plus que les enfants de moins de trois ans soient exposés aux écrans (17 juin 2025)VIDAL (dépêche AFP) · France
- Enfants : des experts demandent à proscrire les écrans, très néfastes, avant six ans (29 avril 2025)VIDAL (dépêche AFP) · France
- Enfants et écrans : promises depuis plus d’un an, les mesures restent limitées (9 septembre 2025)VIDAL (dépêche AFP) · France
- Les écrans interdits dans les lieux d’accueil pour jeunes enfants (2 juillet 2025)info.gouv.fr, Gouvernement français · France
- Exposition aux écrans des jeunes enfants : en France, les temps moyens excèdent les recommandations (12 avril 2023)Le Quotidien du Médecin · France
