Sommaire de l’article
À retenir
- Une page suffit : des phrases courtes, classées par moment de l’accouchement.
- Écrivez vos priorités, pas une liste d’exigences : deux ou trois souhaits forts valent mieux que vingt.
- Discutez-en avec votre gynécologue vers le 7e ou le 8e mois, puis avec la maternité.
- Prévoyez la case « imprévu » : césarienne, néonatologie, changement de plan.
- Le jour J, vous pouvez changer d’avis à tout moment.
Le projet de naissance, c’est une feuille, une seule, sur laquelle vous écrivez comment vous aimeriez que se passe votre accouchement. Qui sera à vos côtés, ce que vous souhaitez contre la douleur, ce qui compte pour vous dans les premières minutes avec bébé. Rien de compliqué, et pourtant beaucoup de femmes arrivent à la maternité sans avoir jamais dit tout cela à voix haute.
Au Maroc, toutes les maternités n’y sont pas habituées. C’est justement une raison de le préparer avec soin et d’en parler avant. Voici ce qu’on y met, un modèle prêt à recopier, et la meilleure façon de l’aborder avec votre gynécologue et la maternité.
À quoi sert un projet de naissance ?
À réfléchir à vos souhaits, puis à les faire connaître. Le guide québécois Mieux vivre le décrit comme un outil pour clarifier ce que vous voulez et ce qui vous fait peur, en parler avec votre conjoint et vos proches, et faire connaître vos valeurs à l’équipe. Le NHS britannique le présente comme un moyen de dire à la sage-femme et aux médecins ce que vous souhaitez pendant le travail.
En France, la Haute Autorité de santé (HAS) place les préférences des femmes au centre de l’accouchement normal. Elle admet un projet de naissance s’il est compatible avec la sécurité, l’hygiène et les protocoles de l’établissement. C’est la clé : un projet utile est un projet discuté, pas imposé.
Il sert aussi contre l’angoisse. Mettre des mots sur ses souhaits, c’est souvent mettre des mots sur ses peurs. Si l’appréhension prend beaucoup de place, notre article sur la peur d’accoucher peut vous aider.

Les rubriques à remplir
Mieux vivre et le NHS proposent des rubriques assez proches. En les combinant, on obtient sept parties :
| Rubrique | Ce qu’on y précise |
|---|---|
| Qui je suis | Prénom, langue (darija, français, amazigh…), antécédents utiles, peurs particulières |
| Qui m’accompagne | Pendant le travail, à la naissance, en cas d’instruments ou de césarienne |
| La douleur | Péridurale souhaitée ou non, moyens sans médicament, bain ou douche, ballon |
| Bouger et positions | Marcher, changer de position, position pour pousser |
| Les gestes médicaux | Être prévenue et consultée avant un déclenchement, une épisiotomie, des instruments |
| Après la naissance | Peau à peau, bébé près de moi, examens de bébé en ma présence |
| L’alimentation de bébé | Allaitement souhaité, aide pour la première tétée |
Pour la douleur, renseignez-vous d’abord sur ce que propose votre maternité, notamment sur la péridurale et ses conditions. Pour les gestes médicaux, notre article sur l’épisiotomie et les déchirures vous aide à poser les bonnes questions. Et si vous souhaitez allaiter, lisez à l’avance notre guide pour démarrer l’allaitement.
Un modèle simple à recopier
Voici une trame d’une page, à adapter avec vos mots. Gardez des phrases courtes, à la première personne.
Projet de naissance de : … Terme prévu : … Gynécologue : … Maternité : …
Me connaître. Je parle surtout … Je suis très anxieuse face aux aiguilles / au sang / à … Mon premier accouchement s’est passé ainsi : …
Mon accompagnant. Je souhaite que … (mon mari, ma mère, ma sœur) soit présent pendant le travail et, si possible, à la naissance. En cas de césarienne, j’aimerais qu’il puisse rester près de moi ou près de bébé.
La douleur. Je souhaite / je ne souhaite pas la péridurale. Je voudrais d’abord essayer : marcher, la douche chaude, le ballon, les massages. Je peux changer d’avis à tout moment.
Pendant le travail. J’aimerais pouvoir bouger et choisir ma position. J’aimerais qu’on m’explique chaque examen.
Les gestes médicaux. Si un déclenchement, une épisiotomie, des instruments ou une césarienne deviennent nécessaires, j’aimerais qu’on m’explique pourquoi avant, sauf urgence.
La naissance. Je souhaite le peau à peau dès la naissance, si bébé et moi allons bien, et que les premiers soins se fassent près de moi.
Nourrir bébé. Je souhaite allaiter et j’aimerais de l’aide pour la première tétée.
L’imprévu. Si bébé doit aller en néonatologie, je souhaite que … l’accompagne et qu’on me tienne informée.
Ce qui compte le plus pour moi : 1. … 2. … 3. …
La dernière ligne est la plus importante. Si l’équipe ne retient que trois choses, ce seront celles-là.
Accouchement physiologique, accompagnant : ce que disent les recommandations
Plusieurs souhaits fréquents s’appuient sur des recommandations officielles. L’Organisation mondiale de la santé recommande depuis 2018 :
- un accompagnant du choix de la femme pendant tout le travail et la naissance ;
- la liberté de bouger pendant le début du travail et de choisir sa position pour accoucher ;
- l’implication de la femme dans les décisions, pour qu’elle garde un sentiment de contrôle.
L’OMS rappelle aussi que le repère classique d’un centimètre de dilatation par heure ne s’applique pas à toutes les femmes, et qu’un travail plus lent ne justifie pas, à lui seul, une intervention systématique. La HAS, de son côté, demande que les femmes puissent changer régulièrement de position, et que les femmes à faible risque puissent boire des liquides clairs pendant la première phase du travail. Les étapes elles-mêmes sont décrites dans notre article sur l’accouchement par voie basse.
La réalité des maternités marocaines : en parler avant
Chaque établissement a ses habitudes, et elles diffèrent beaucoup. Présence du mari en salle, péridurale la nuit, peau à peau en cas de césarienne, bébé dans la chambre : rien ne se devine. Le moment de poser ces questions, c’est la visite de la maternité, idéalement au deuxième trimestre. Notre guide pour choisir sa maternité au Maroc liste les questions à poser.
Le gynécologue est votre premier interlocuteur. Dans une tribune publiée par TelQuel en 2026, un gynécologue-obstétricien marocain plaide pour que la préparation à la naissance fasse partie intégrante du suivi de grossesse. Le projet de naissance en est un outil concret. Apportez-le en consultation vers le 7e ou le 8e mois et demandez-lui, point par point, ce qui est possible là où il accouche. Si ses réponses vous laissent perplexe, il est encore temps de changer de gynécologue.
Rester souple le jour J
Le projet de naissance n’est pas un examen à réussir. Mieux vivre rappelle qu’un bon projet est clair, bref et flexible, et que vous pouvez changer d’avis en cours de route. Le NHS insiste : un accouchement ne se déroule pas toujours comme prévu, et les choses peuvent changer à la dernière minute.
Vous pensiez accoucher sans péridurale et vous la demandez au bout de six heures ? C’est votre droit. Une césarienne devient nécessaire ? Votre projet garde son sens : le peau à peau, la présence de votre mari ou les explications avant chaque geste peuvent souvent être préservés. Pour la suite, notre article sur les premiers jours à la maternité vous dit à quoi vous attendre. Et pour vous entraîner aux respirations et aux positions, voyez notre guide de la préparation à l’accouchement.
Questions fréquentes
Les cliniques au Maroc acceptent-elles le projet de naissance ?
Les pratiques varient beaucoup d’un établissement à l’autre, et toutes les équipes n’ont pas l’habitude de recevoir un projet de naissance. C’est justement pourquoi il faut en parler avant, avec votre gynécologue puis lors de la visite de la maternité. Présentez-le comme une aide pour vous connaître, pas comme un contrat. Si certaines demandes sont impossibles sur place, mieux vaut le savoir au 7e mois qu’en salle de naissance.
Mon mari peut-il assister à l’accouchement au Maroc ?
Cela dépend de l’établissement, et parfois du type d’accouchement. Les règles changent d’une maternité à l’autre, pour la salle de naissance comme pour le bloc opératoire en cas de césarienne. Posez la question clairement pendant la visite, et notez la réponse dans votre projet. L’Organisation mondiale de la santé recommande que chaque femme puisse avoir un accompagnant de son choix pendant le travail.
Qu’est-ce qu’un accouchement physiologique ?
C’est un accouchement qui se déroule en laissant faire le processus naturel autant que possible, avec un minimum d’interventions médicales quand tout va bien : liberté de bouger, positions choisies, pas de geste systématique. La Haute Autorité de santé française a publié des recommandations sur cet accompagnement. Il ne s’oppose pas à la péridurale : on peut en souhaiter une tout en limitant les autres interventions.
Et si l’accouchement ne se passe pas comme dans mon projet ?
C’est fréquent, et ce n’est pas un échec. Le NHS comme le guide québécois Mieux vivre rappellent que l’accouchement est imprévisible et que les plans changent parfois à la dernière minute. Le projet garde alors son utilité : l’équipe connaît vos priorités, comme le peau à peau ou la présence de votre mari, et peut les respecter même pendant une césarienne ou une urgence.
Sources
- Plan de naissanceMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
- What to include in your birth planNHS, Best Start in Life · Royaume-Uni
- Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales (mis à jour le 27 novembre 2023)Haute Autorité de santé (HAS) · France
- Making childbirth a positive experience (15 février 2018)Organisation mondiale de la santé (OMS) · International
- [Tribune] Pourquoi pratique-t-on autant de césariennes au Maroc ? (13 août 2026)TelQuel (tribune d’un gynécologue-obstétricien) · Maroc
