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À retenir
- Chez le nourrisson, la fièvre peut être le seul signe d’une infection urinaire.
- Bandelette d’abord, puis ECBU si elle est positive, avant de commencer l’antibiotique.
- Avant 3 mois, une fièvre se voit aux urgences, le jour même, sans attendre.
- Traiter la constipation et ne pas se retenir d’uriner aident à prévenir les récidives.
- Si la fièvre revient après une première infection, on refait vite une bandelette.
Votre bébé de 7 mois a 39 °C depuis hier. Pas de rhume, pas de toux, pas de boutons, il boit un peu moins et il est grognon. Rien d’évident, et pourtant le pédiatre demande une analyse d’urine. C’est un réflexe classique : l’infection urinaire du bébé est l’une des causes fréquentes de fièvre sans explication, et elle passe facilement inaperçue parce que le nourrisson ne peut pas dire qu’il a mal en faisant pipi.
Bien soignée et à temps, elle guérit sans séquelle. L’enjeu est justement de ne pas la laisser traîner, surtout quand elle touche les reins. Voici les signes à connaître selon l’âge, les examens, le traitement et les gestes de prévention.
Quels sont les signes d’une infection urinaire selon l’âge ?
Ils changent beaucoup entre le bébé et l’enfant qui parle.
| Âge | Signes possibles |
|---|---|
| Nouveau-né et nourrisson | Fièvre, parfois seule ; vomissements, diarrhée, refus de boire ou de téter, irritabilité, urines qui sentent fort |
| Enfant après 2 ans, infection de la vessie (cystite) | Brûlures en urinant, envies pressantes et fréquentes, douleur au bas du ventre, urines troubles ou malodorantes, fuites ou pipi au lit inhabituels |
| Infection du rein (pyélonéphrite) | Forte fièvre avec frissons, douleur dans le dos ou sur le côté, enfant très fatigué |
Le manuel MSD le résume ainsi : chez le bébé, la fièvre peut être le seul symptôme. Et chez le nouveau-né, l’infection peut devenir grave rapidement. C’est pourquoi toute fièvre avant 3 mois justifie un avis médical immédiat, comme on l’explique dans notre guide sur la fièvre chez bébé.
Chez l’enfant propre, un retour des accidents de pipi ou du pipi au lit peut aussi en être le premier signe.

Comment le médecin fait-il le diagnostic ?
En deux temps, avec deux examens d’urine qui ne servent pas à la même chose.
La bandelette urinaire est un test rapide, fait au cabinet ou aux urgences : on trempe une languette dans l’urine et on lit le résultat en quelques minutes. Elle recherche des globules blancs et des nitrites. Selon les recommandations pédiatriques françaises, elle est fiable à partir d’environ un mois. Négative, elle rend l’infection très peu probable. Positive, elle impose l’étape suivante. Avant 3 mois, la bandelette ne suffit pas : on fait directement l’examen complet.
L’ECBU (examen cytobactériologique des urines) est l’analyse au laboratoire. Il confirme l’infection, identifie la bactérie et teste les antibiotiques qui marchent contre elle (l’antibiogramme). Il doit être prélevé avant de commencer l’antibiotique.
Le recueil d’urine, une étape délicate
Tout se joue dans la propreté du prélèvement. Chez le grand enfant, on recueille le milieu du jet après une toilette soigneuse. Chez le nourrisson, la poche adhésive est simple mais souvent contaminée par la peau : un résultat positif obtenu ainsi est faux plus d’une fois sur deux. Les pédiatres préfèrent donc souvent un petit sondage, fait à l’hôpital ou à la clinique, ou un recueil au vol, au moment où bébé fait pipi.
Quel traitement pour une infection urinaire de l’enfant ?
Un antibiotique, choisi par le médecin, puis ajusté selon l’antibiogramme. La dose est calculée par le médecin selon le poids de l’enfant. Le schéma dépend de la forme :
- une cystite (vessie) se traite par voie orale, sur quelques jours ;
- une pyélonéphrite (rein) demande un traitement plus long, souvent commencé par injection, puis relayé par la bouche.
L’hospitalisation est recommandée chez le bébé de moins de 3 mois, quand l’enfant a l’air très malade, est déshydraté, supporte mal la fièvre, ou a une anomalie connue des voies urinaires. Ailleurs, beaucoup d’enfants sont soignés à la maison, avec un contrôle rapproché.
Allez jusqu’au bout du traitement, même si la fièvre tombe en 24 ou 48 heures. Faites-le boire régulièrement. Pour la fièvre et la douleur, le paracétamol peut être donné, à la dose indiquée par le médecin ou le pharmacien selon son poids. Le NHS conseille de revoir le médecin si l’enfant ne va pas mieux dans les 48 heures après le début du traitement.
Faut-il faire des examens après ?
Souvent une échographie des reins et de la vessie après une première pyélonéphrite, pour vérifier qu’il n’y a pas de malformation. D’autres examens, comme la cystographie, qui recherche un reflux de l’urine de la vessie vers les reins, ne sont plus systématiques après un premier épisode : les experts en discutent et décident au cas par cas, surtout en cas de récidive.
Ces récidives ne sont pas rares : VIDAL Recos les estime à environ un tiers des cas. Si la fièvre revient, signalez au médecin l’épisode précédent : il refera vite une bandelette.
Comment prévenir les infections urinaires ?
Quelques habitudes simples réduisent le risque, surtout chez l’enfant qui a déjà fait une infection :
- traiter la constipation : un intestin encombré gêne la vidange de la vessie et favorise les infections (voir notre article sur la constipation de bébé) ;
- faire boire de l’eau régulièrement, surtout pendant les fortes chaleurs ;
- ne pas se retenir : uriner toutes les 2 à 3 heures environ et vider complètement la vessie, sans se presser ;
- s’essuyer d’avant en arrière, et apprendre ce geste aux petites filles ;
- changer les couches sans tarder quand elles sont souillées ;
- éviter les bains moussants et les savons parfumés sur les parties intimes ;
- préférer des culottes en coton.
Pour l’enfant en plein apprentissage de la propreté, un pot ou un réducteur de toilettes où il est stable, pieds posés, l’aide à se détendre et à vider sa vessie jusqu’au bout. À l’école, vérifiez qu’il ose demander à aller aux toilettes : certains enfants se retiennent toute la matinée.
Chez le petit garçon qui fait des infections à répétition, le manuel MSD évoque la circoncision parmi les mesures possibles ; c’est une discussion à avoir avec l’urologue pédiatre, pas un geste de prévention systématique.
Questions fréquentes
Pourquoi le médecin refuse-t-il la poche à urine pour l’ECBU ?
Parce que la poche collée sur la peau se contamine facilement avec les bactéries du siège. Selon le groupe de pathologie infectieuse pédiatrique français, un résultat positif obtenu par poche est faux dans plus d’un cas sur deux. On préfère donc un recueil au milieu du jet ou, chez le nourrisson, un petit sondage stérile. La poche reste utile pour la bandelette, à condition de ne pas la laisser plus de 30 minutes.
Les garçons ont-ils moins d’infections urinaires que les filles ?
Pas pendant la petite enfance. Selon le manuel MSD, les infections urinaires sont plus fréquentes chez les garçons nourrissons, puis la tendance s’inverse et ce sont les filles plus grandes qui en font davantage. Chez un garçon comme chez une fille, une fièvre inexpliquée mérite d’y penser.
Le jus de canneberge (cranberry) prévient-il les infections urinaires chez l’enfant ?
Aucune des recommandations pédiatriques consultées ne le propose. Le NHS conseille même d’éviter les jus de fruits pendant une infection, car ils peuvent irriter la vessie. Ce qui protège vraiment : boire de l’eau régulièrement, aller aux toilettes sans se retenir, traiter la constipation et s’essuyer d’avant en arrière.
Mon enfant refait pipi au lit depuis quelques jours, est-ce une infection urinaire ?
C’est possible. Le NHS cite les accidents de jour et le pipi au lit chez un enfant jusque-là propre parmi les signes d’infection urinaire, surtout s’ils s’accompagnent de brûlures, d’envies fréquentes, de fièvre ou d’urines malodorantes. Une simple bandelette chez le médecin permet de trancher. Sans autre signe, d’autres causes, émotionnelles notamment, sont plus fréquentes.
Sources
- Prise en charge des infections urinaires de l’enfant. Recommandations du Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique (GPIP) de la Société Française de Pédiatrie et de la SPILFSociété Française de Pédiatrie (GPIP) et SPILF, document diffusé par l’AFPA · France
- Pyélonéphrite aiguë du nourrisson et de l’enfantVIDAL Recos · France
- Urinary tract infections (UTIs)NHS · Royaume-Uni
- Infection des voies urinaires (IVU) chez l’enfantManuel MSD, version grand public · États-Unis
