Sommaire de l’article
À retenir
- Au premier trimestre, une femme enceinte sur quatre saigne : l’échographie dit si la grossesse évolue bien.
- Après le premier trimestre, tout saignement est anormal : direction la maternité, sans attendre.
- Saignement abondant, douleur intense ou à l’épaule, malaise : appelez le 141.
- Rhésus négatif ? Signalez-le : une injection d’anti-D peut être nécessaire.
- Notez l’heure, la couleur et le nombre de serviettes : ces repères aident l’équipe médicale.
Une trace rose sur le papier toilette à sept semaines. Une tache rouge vif sur la culotte à trente semaines. Dans les deux cas, le cœur s’emballe. Un saignement pendant la grossesse n’est jamais normal, mais il n’a pas du tout la même signification selon le moment où il survient, sa quantité et les signes qui l’accompagnent.
Au premier trimestre, il est fréquent et souvent sans conséquence, mais il doit être vérifié. Plus tard, il demande toujours un examen rapide. Voici comment s’y retrouver, quand appeler le 141, et ce qui vous attend une fois sur place.
Un saignement pendant la grossesse, est-ce toujours grave ?
Non, mais c’est toujours un motif de consultation. Selon l’Assurance maladie, environ 25 % des femmes enceintes saignent au premier trimestre. Quand l’échographie montre une grossesse bien implantée dans l’utérus, 93 % de celles qui ont saigné se poursuivent jusqu’au terme. Le guide québécois Mieux vivre rappelle l’autre face : tous saignements confondus, environ la moitié des femmes qui saignent en début de grossesse font une fausse couche. Les deux chiffres ne se contredisent pas, ils ne parlent pas des mêmes situations, et c’est l’échographie qui fait la différence. Après 20 semaines, les saignements concernent 3 à 4 % des grossesses, d’après le Manuel MSD, et ils doivent être évalués sans délai.
Le NHS britannique distingue trois niveaux, utiles pour décrire ce que vous voyez au téléphone ou aux urgences :
- les « spottings » : quelques taches roses, rouges ou brunes ;
- le saignement léger : il faut une serviette ;
- le saignement abondant : il traverse une serviette, parfois avec des caillots.
Le saignement peut être continu ou aller et venir. Et parfois, aucune cause n’est trouvée, même après tous les examens.

Au premier trimestre : les causes possibles
La cause est souvent bénigne, mais une grossesse extra-utérine doit toujours être écartée rapidement.
| Cause | Ce qui peut l’évoquer | Ce qui se passe ensuite |
|---|---|---|
| Saignement d’implantation | Quelques traces, très tôt, parfois vers la date des règles | Rien de particulier |
| Col de l’utérus plus fragile | Saignement après un rapport sexuel | Un examen pour vérifier |
| Infection (urinaire, sexuellement transmissible) | Brûlures, pertes inhabituelles | Un traitement adapté |
| Hématome | Découvert à l’échographie | Surveillance ; il se résorbe le plus souvent seul |
| Fausse couche | Saignement qui augmente, crampes, débris | Surveillance ou traitement selon les cas |
| Grossesse extra-utérine | Douleur d’un côté du ventre, douleur à l’épaule, malaise | Prise en charge urgente |
| Grossesse molaire (rare) | Taux d’hormone de grossesse très élevé | Aspiration, puis surveillance |
Le saignement d’implantation est souvent confondu avec des règles : notre article sur les premiers signes de grossesse aide à faire la différence.
L’hématome, que l’échographiste appelle parfois « décollement », inquiète beaucoup. Selon l’Assurance maladie, il se résorbe le plus souvent de lui-même et la grossesse évolue en général bien, avec une simple surveillance échographique.
La fausse couche et la grossesse extra-utérine ont chacune leur article : comprendre la fausse couche et ses suites, et reconnaître une grossesse extra-utérine. Pour la seconde, le temps compte : une douleur d’un côté du ventre ou au bout de l’épaule, avec ou sans saignement, se montre aux urgences le jour même.
Aux deuxième et troisième trimestres : toujours consulter
Passé le premier trimestre, tout saignement est anormal. L’Assurance maladie le considère comme une urgence : on se rend directement à la maternité. Deux causes dominent, et elles ne se ressemblent pas.
Le placenta praevia. Le placenta est inséré trop bas et recouvre en partie ou en totalité l’ouverture du col. Il provoque un saignement rouge vif, sans douleur, qui peut être abondant et se répéter. Sa position est notée à l’échographie du deuxième trimestre. Si l’on vous parle de placenta bas, gardez en tête les chiffres du NHS : chez 9 femmes sur 10 concernées, le placenta s’est éloigné du col vers 32 semaines, et le placenta praevia ne touche qu’environ une naissance sur 200. Le calendrier de ces examens est détaillé dans notre article sur les échographies de la grossesse.
Le décollement placentaire, ou hématome rétroplacentaire. Le placenta commence à se détacher de la paroi de l’utérus. Le saignement est souvent peu abondant et sombre, voire absent, mais la douleur est brutale et permanente, et le ventre devient dur comme du bois. Un malaise, des palpitations ou une tension anormale peuvent apparaître, sans rapport avec la faible quantité de sang visible. C’est une urgence absolue. Le NHS cite parmi les facteurs de risque l’hypertension, un choc sur le ventre et le tabac.
| Placenta praevia | Décollement placentaire | |
|---|---|---|
| Douleur | Absente ou faible | Brutale, continue |
| Sang | Rouge vif, souvent abondant | Souvent peu abondant, plus sombre |
| Ventre | Souple | Dur, contracté |
| État général | Lié à la quantité de sang perdue | Malaise parfois disproportionné |
À l’approche du terme, des glaires teintées de sang peuvent accompagner l’expulsion du bouchon muqueux et annoncer le début du travail, selon le NHS. Ce saignement reste léger et mêlé de mucus. Pour savoir quand partir, lisez notre article sur les signes du début de l’accouchement. Dans le doute, la maternité préfère toujours vous voir.
Plus rarement, un saignement vient d’une rupture de l’utérus, surtout après une césarienne, ou de vaisseaux du bébé qui passent devant le col (vasa praevia). Une raison supplémentaire de ne jamais attendre.
Que va-t-on vous faire aux urgences ?
On commence par des questions : terme de la grossesse, quantité et aspect du sang, douleurs, grossesses précédentes. Puis viennent les examens, adaptés au terme.
Au premier trimestre :
- un examen gynécologique, souvent au spéculum ;
- une échographie, par le ventre ou par voie vaginale, pour vérifier que la grossesse est bien dans l’utérus et que le cœur de l’embryon bat ;
- une prise de sang si besoin, notamment le dosage de l’hormone de grossesse (hCG) quand une grossesse extra-utérine est possible ;
- parfois une analyse d’urine.
Si l’embryon est encore petit, le résultat peut rester incertain. L’Assurance maladie prévoit alors une nouvelle échographie au moins 7 jours plus tard, parfois 14. Cette attente est éprouvante, mais elle évite de conclure trop vite.
Aux deuxième et troisième trimestres :
- une surveillance du pouls, de la tension et de votre état général ;
- un monitoring, c’est-à-dire l’enregistrement continu du cœur du bébé ;
- une échographie pour localiser le placenta et vérifier la vitalité du bébé ;
- une prise de sang, avec le groupe sanguin.
Le Manuel MSD insiste sur un point : pas de toucher vaginal tant que l’échographie n’a pas vérifié la position du placenta.
La suite dépend de la cause : retour à la maison avec une surveillance, hospitalisation avec repos strict, ou naissance si la santé de la maman ou du bébé l’exige. Si vous êtes Rhésus négatif, une injection d’immunoglobulines anti-D vous est proposée.
Au Maroc, ces examens se font aux urgences obstétricales de l’hôpital public ou de votre clinique. Repérez dès maintenant la maternité la plus proche ouverte jour et nuit, avec l’aide de notre article pour choisir sa maternité au Maroc.
Questions fréquentes
Peut-on avoir ses règles en étant enceinte ?
Non. Pendant la grossesse, le cycle s’interrompt et il n’y a plus de règles au sens propre. En revanche, des saignements peuvent survenir, parfois vers la date où les règles étaient attendues : saignement d’implantation, col plus fragile, ou cause qui demande un examen. Si votre test est positif et que vous saignez, appelez votre médecin ou votre sage-femme, et consultez en urgence en cas de douleur ou de malaise.
Saigner après un rapport sexuel quand on est enceinte, est-ce grave ?
C’est souvent bénin : pendant la grossesse, les vaisseaux du col de l’utérus changent et peuvent saigner au contact. Mais seul un examen permet de l’affirmer, surtout en deuxième partie de grossesse, où un placenta bas inséré doit être écarté. Signalez-le donc le jour même à votre médecin ou à votre sage-femme, et allez aux urgences si le saignement est abondant ou douloureux.
Un saignement au premier trimestre annonce-t-il une fausse couche ?
Pas forcément. Tous saignements confondus, environ la moitié des femmes qui saignent en début de grossesse font une fausse couche, selon le guide québécois Mieux vivre. Mais quand l’échographie montre une grossesse bien implantée dans l’utérus, 93 % se poursuivent jusqu’au terme, d’après l’Assurance maladie. Seule l’échographie, parfois répétée à une ou deux semaines d’intervalle, permet donc de savoir où en est la grossesse.
Je suis Rhésus négatif et j’ai saigné : que faut-il faire ?
Signalez votre groupe sanguin dès votre arrivée aux urgences ou en consultation. Après certains saignements du premier trimestre, et après tout saignement des deuxième et troisième trimestres, on vous propose une injection d’immunoglobulines anti-D. Elle empêche votre organisme de fabriquer des anticorps contre les globules rouges d’un bébé Rhésus positif, ce qui protège cette grossesse et les suivantes.
Des pertes marron pendant la grossesse, faut-il s’inquiéter ?
Des traces brunes font partie des petits saignements possibles pendant la grossesse, et elles ne signifient pas forcément un problème. Elles se signalent quand même à votre médecin ou à votre sage-femme. Consultez le jour même si elles s’accompagnent de douleurs, si elles contiennent des débris ou des caillots, ou si vous avez dépassé le premier trimestre.
Sources
- Saignements gynécologiques du premier trimestre de la grossesseAssurance maladie (ameli.fr) · France
- Saignements gynécologiques lors du 2e et du 3e trimestre de la grossesseAssurance maladie (ameli.fr) · France
- Vaginal bleeding in pregnancyNHS · Royaume-Uni
- What complications can affect the placenta?NHS · Royaume-Uni
- Signaux d’alarme pendant la grossesseMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
- Fausse couche et deuilMieux vivre avec notre enfant, INSPQ · Canada (Québec)
- Saignement vaginal en fin de grossesse (édition professionnelle)Manuel MSD · États-Unis
